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( extrait d'une photo tirée de "Balma, deux mille ans d'histoire")

mardi 4 octobre 2016

Vaguement compétitif

(Merci Sempé)

Aujourd'hui, je commence mon chantier à 18h30 du matin. Ben oui, c'est fou ce qu'on peut perdre de temps dans la vie à aller au travail.
Il me tarde de voir si le burineur burine. Le voyant rouge est noir. C'est bizarre un voyant noir, c'est pas très voyant, je trouve. Bon, essai. Ouf, il burine ! C'était bien une surchauffe, J'ai été inquiet toute la journée : Et si j'avais démargué l'outil de travail d'un honnête artisan ? Si ça se trouve, cet engin a nourri ses enfants depuis des années. Qui je suis, moi, Bricoleman pour oser ôter le pain de la bouche de pauvres enfants sans défense?
Bon, pour l'instant, c'est du carrelage que je dois ôter. Ca avance bien et petit à petit, mon estomac se dénoue. Ce n'est pas la pizza de midi qui ne passait pas mais le burineur non burinant.

Encore 5 m² ôtés. C'est propre, non ?



Je suis arrêté par la nuit, les scrupules de faire du bruit à l'heure du 19-20 et le maçon qui se gare devant chez moi.
"Bonjour, maçon, vos intentions sont honnêtes ?
- Oui, qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
- Oh, rien, ce que vous déposez chez moi.
- Se sont mes outils pour demain.
- Hum..."


Curieusement, bien que nous soyons le 3 octobre, il semble que se soit le début de l'étai.


"Monsieur Bricoleman ?
- Oui
- Les vagues de béton qui tenaient les lambourdes...
- Et bien ?
- Et bien, il faut me les enlever, sinon la chape que je vais couler dessus, elle va se fendiller."

M'enfin, j'avais presque fini le bas avec mon marteau piqueur.
Voyons ça :
Tu vois ?


Tu ne vois rien, c'est normal. L'espace vide entre les deux vagues de béton artistique, c'est là où j'ai enlevé la vague intermédiaire. Ca part bien, mais c'est du boulot tout de même.
Tu me suis ou c'est vague ?
En tout cas, je me suis trouvé du travail pour ce weekend. C'est mon cousin qui va être content.


lundi 3 octobre 2016

Burineur-judo

Cette nuit, cauchemar. Je rêve de marteau piqueur et de carrelage récalcitrant. Je me réveille en sueur juste avant de faire une bêtise. Le carrelage ici ressemble bigrement au mien.



Ouf, j'ai failli me faire virer de la jolie maison où l'on m'offre l'hospitalité pendant les travaux. Pire, peut-être...
Avec une nuit aussi agitée, je ne suis pas le premier à arriver à la déchèterie. On se bouscule devant moi.


"Bonjour, merci de travailler un dimanche, vous nous êtes utile.
- Ah oui, je n'ai qu'un dimanche par mois en famille... Pour le bois, c'est la benne 5, les gravats, c'est la 12 en sortant."
Je jette mon carrelage et le contemple rêveur au fond de sa benne. Où vas tu aller maintenant, carrelage ? Tu n'as pourtant pas démérité. 60 ans de bons et loyaux services et voilà où je t'abandonne. Tu étais encore solide, j'en sais quelque chose. J'ai un peu honte.

L'employé me tire de ma rêverie :
" Ca vous intéresse ces bidon de peinture vides pour vos gravats ?
- Oui, merci beaucoup.
- Au revoir.
- Au revoir. Si ça se trouve, à tout à l'heure."

Je repars pensif vers la maison et me remets au carrelage. Pas de faiblesse, pas de quartier. A l'abordage mille sabords !
Je galère un peu sur les plinthes. Ce n'est pas que j'ai du mal à les enlever mais plutôt quelles viennent avec 1 cm de mur. Il va falloir reboucher. Tant pis, je marteaupiquette quand même en essayant de juguler leur enthousiasme à aller voir la déchetterie.
A midi, c'est fini. J'ai mérité mon repas : Pour me changer les idées, je choisis le pilpil de blé avec carreaux de chocolat.




Après le café, je me mets au plat de résistance. Deux jours que je tourne autour : C'est une partie carrelée avec du lino dessus. Pas moyen de décoller le lino par partie de plus d'un cm². Il y en a 8 m². A 3 minutes par cm², j'en ai pour 2 jours sans dormir et sans compter le temps de dépose du carrelage qui est dessous. Essayons autre chose. Au judo, il faut se servir de la force de l'adversaire pour le faire tomber. Puisque ce lino est si attaché à son carrelage, laissons-le adhérer et attaquons le carreau par dessous. Ca marche. En creusant des pointillés, ça vient même par plaque. Facile. Peut-être plus que le restant de la maison finalement. J'avais tort d'être inquiet. J'ai même inventé un nouveau sport. Comme l'appeler ? Marteau-piqueur-judo ? Pic-do ? Judo-pique ? J'hésite.


Sans y penser, à 16h, je me suis fait une longueur. Dans une heure, le bas est fini de décarreler. formidable. Je redouble d'efforts et... le marteau s'arrête. 
Il y a du courant, le ventilateur tourne, pas le piston. Bizarre.
Consultation du mode d'emploi sur mon confetti portable et jolabricole.net . Verdict sans appel : je travaille trop vite : "quand le burineur a chaud, il s'arête par sécurité et le voyant 'service' s'allume en rouge . Laisser refroidir".
Le voyant est bien rouge. Grr !

En attendant, l'hiver, je monte au galetas y déposer ma laine de verre. Tu n'as pas la berlue, lecteur, je vais bien l'enlever : elle gêne l'électricien et de toutes manières, Vintage-la-bricole l'avait posée à l'envers, pare-vapeur vers le haut, de sorte que depuis plusieurs décennies, cette laine de verre retient consciencieusement l'eau au plafond. J'en enlève 7 sacs de 100 litres, dont 5 empruntés à mon cousin de voisin, pas fâché pour deux sous. Il va m'en falloir au moins 25. Mon pot de yaourt a pas fini de faire des tours à la déchèterie.

Je suis au chômage technique. 25 sacs ? Bizarre, leur remplacement va me coûter 70 nouveaux sacs. Les anciens devaient être zippés.
Essai du burineur, puisque tel est son nom. Toujours trop chaud, toujours fâché tout rouge... Pourvu qu'il fasse froid cette nuit.

Tout ça pour gagner... combien au juste ? la hauteur d'un carreau sous la porte d'entrée qui est un peu basse. C'est à dire ...


Un centimètre, tout ce bazar pour un centimètre ! Mouaif. 

En repartant, un petit coup d'œil à la vigne vierge. 



"Tu es belle tu sais ?
- tu es gentil de me dire ça Olivier.
- ne crois pas ça, le carrelage m'avait à la bonne lui aussi."



samedi 1 octobre 2016

Une forme à tout casser

Ce matin, grande forme. J'arrive à la maison à 8h pétantes. Pétante est le mot. Je viens avec un artisan à qui je prête la main. J'amène ma bonne humeur, lui une masse, des burins, un marteau et un pied de biche.
Service du réveil. Mon artisan commence par le merlin. Salut cousin. J'espère que tu as bien dormi, parce que là, c'est mort. Jusqu'à présent, j'avais un cousin germain, maintenant, j'ai un cousin chafouin.
N'empêche que le parquet n'a pas fait un pli.


"C'était du résineux, ça n'a aucune valeur. En plus, à force de vivre sous un lino, les lambourdes étaient moisies." On a bien fait de casser, donc.
- Que pensez-vous de ce carrelage ?
- Faut voir, je vais chercher mon marteau piqueur."

Mon cousin doit être super content, lui aussi que mon artisan ait un marteau piqueur.

En tous cas, c'est vu :

"Bon, je dois y aller. Je vous laisse mon marteau piqueur ?
- Oui merci.
- Prenez le casque anti-bruit aussi.
- Vous en avez un pour mon cousin ?
- Je lui suggère plutôt la visite du pont Valentré
- Je vais transmettre.
- Au revoir
- Au revoir"

Bonjour, marteau piqueur, on va en découdre tous les trois. Toi, le carrelage et moi.
Pas mal :


Enfin, si, le carrelage a mal, un peu. Il n'est pas bien dans son assiette.


Je l'amène chez le médecin, avec ses potes les meubles de garage.


Et c'est encore mon pot de yaourt à l'orange qui est à la fête. Ca devient un habitude. Le jour où je cherche à le vendre il faudra que j'efface ce post.

"A vendre, pot de yaourt à l'orange, peu roulé : la maison-la déchetterie-la maison..."

18h. Je n'en peux plus. A demain, chantier.


Heu... "A demain, mon cousin ?"


jeudi 29 septembre 2016

Vide

Ma maison est vide.
Les placard sont vides, j'ai même démonté les étagères :


Il reste le compteur bleu qui a mon âge. Il sera remplacé par un Linky tout neuf, connecté à internet. Byebye Vintage. Comment ça ? Moi aussi ? Non : je ne suis pas bleu et je suis connecté à internet, je ne nécessite pas encore un remplacement.


La salle a manger paraît plus grande, je me demande si je vais y remettre des meubles. Une ou deux caisses Allibert pourraient faire l'affaire.


Je ne récupère pas non plus les luminaires chinois de l'époque Ming.


Ni la table Moob. Elle servira à poser des outils et des pots de peinture avant d'aller rejoindre le bahut-bureau assorti et de sinistre mémoire. La vengeance est un plat qui se mange deux fois.


Où j'ai bien pu mettre tout ça ? Ben, j'ai Aspiratout.


Je l'ai acheté à Mary Poppins.
Bonne affaire. 

vendredi 23 septembre 2016

Sortir du nucléaire

Il y a un an, j'ai fait une étude de marché avant de m'abonner au gaz et à l'électricité.

Pour moi, l'opérateur historique EDF, c'est surtout l'entreprise qui construit des centrales nucléaires, fait du blé pour ses actionnaires et laisse la collectivité - que dis-je, la postérité - gérer les déchets.
L'autre opérateur historique, GDF-Suez-Engie, c'est pour moi au gaz naturel ce que Total est au pétrole.

Pas question de m'abonner chez eux. Je cherche alors de l'éthique, du durable et du soutenable pour mon budget.

Pour le gaz, personne n'est vraiment clair, la première usine de méthanisation des déchets ayant été raccordée au réseau GrDF il y a moins de 15 jours. Tu comprends vite que tout le monde s'approvisionne au mêmes endroits, quitte à fermer les yeux sur les trafics aux frontières.

Pour l'électricité, par contre, l'alternative existe : Hydraulique, éolien, solaire, ... quelques gigawatts sont disponibles à ceux qui veulent bien les acheter.

En faisant un effort financier minime, j'ai pu greenwasher ma maison en m'abonnant à Lampiris, avec la caution de "Que Choisir". Je dormais sur mes deux oreilles.

Patatras, depuis le 14 juin, C'est Total qui s'écoblanchit avec mon pognon, c'est écrit là.

Re-étude de marché. Il reste une coopérative qui affiche clairement où et à qui elle achète son électricité écolo. En plus, pour moi qui n'utilise pas l'électricité pour le chauffage ni l'eau chaude sanitaire, c'est moins cher que chez Total ! L'écologie, c'est même rentable pour moi.



Vu ma consommation électrique annuelle, ma contribution a tout de l'effort du colibri. Je redors mais sur une seule oreille, l'autre se demande où elle va acheter son gaz.

En attendant, pour consommer moins de gaz, je vais m'abonner au bois, ça aussi,c'est local, renouvelable et agréable. Si je suis assez riche, j'ai même choisi le poêle : il sera tout beau, tout rond, tout vitré.


Voyons ça. L'engin est fabriqué au ... Danemark. Bon, c'est en Europe et au moins, en Scandinavie, ils savent ce que c'est que le froid.

Donc, fabriqué au Danemark par une société ... suisse.
Grrr.

jeudi 22 septembre 2016

Savoir se dépasser pour aller plus loin

Ca alors, J'ai déjà un courrier de la mairie dans ma boîte à lettres! On m'autoriserait donc le lendemain de la récépissation ?
Néni, ce n'est pas l'urbanisme qui m'écrit un mot doux mais la police municipale. Aïe, Bricoleman, tu as encore fait des exploits ? C'est pas moi, je n'ai pas encore commencé à exploiter !
Bon, qu'est-ce qu'on me susurre dans cette mise en demeure


Ah tu vois, c'est pas moi, c'est maman, on lui reproche une haie qui empiète sur la voie publique. Ca devait arriver, depuis le temps tu te souviens ?
Ah non, un peu plus bas, il est question de trottoir, c'est donc de l'autre côté. Voyons ça :


Évidemment, j'aurais dû y penser. Et c'est qui qui dépasse les bornes des limites?  Hein ? Qui ?

C'est l'Olivier.


mercredi 21 septembre 2016

Un vrai carton

17h30 Mardi.

La mairie ferme à 19h aujourd'hui. Chouette !

Avant de partir faire l'acteur, je me fade une petite heure d'embouteillage, aller-retour. Je ne suis pas seul. Je veux dire, sur la route et sur ma voiture. Oui, sur ma voiture. C'est la semaine européenne de la mobilité, je covoiture avec une araignée, ça change des figuiers. Elle chasse le moustique sur mon rétroviseur, devant chez moi la nuit et dans le parking du personnel le jour. Ne le répétez pas, elle n'a pas encore son badge.
Photo de la coivoitureuse (zoome un peu sur le centre du miroir, lecteur) :


J'arrive à la mairie.
"Bonjour Madame.
- Bonjour, en quoi puis-je vous être utile ?
- Je viens déposer une demande d'autorisation de travaux contre récépissé.
- Je peux vous la prendre mais pas récépisser. Il faut aller à l'urbanisme, c'est en face de tintinmarché.
- Il sont encore ouverts ?
- Tintinmarché ? Oui. J'y vais dans 10 minutes.
- Formidable. Et l'urbanisme ?
- Plus maintenant, mais demain matin, oui.
- Merci Madame."

Une heure à polluer la planète pour rien. En plus j'ai obligé l'araignée à s'accrocher fort à sa toile. Si ça se trouve elle va déménager, et je vais solovoiturer demain.

8h30 mercredi.

"Allo, chef ?
- Tu es encore en retard ? D'habitude c'est vers 9h que tu me téléphones.
- Oui, mais aujourd'hui, ce sera encore pire, je vais voir des collègues à l'urbanisme.
- L'urbanisme du SI ?
- Non, ça c'est si tu souhaitais qu'on s'occupe de cela. Pour le moment je s'occupe d'autre chose mais important, tout de même. Je demande l'autorisation de tout casser chez moi.
- Quand tu casses tout dans les ordis du boulot, tu ne demande pas d'autorisation.
- C'est pas faux. Mais c'est si soudain quand ça survient que je suis souvent surpris, tu sais ?
- Mouais, A tout à l'heure
- A tout à l'heure."

9h pétantes.

"Bonjour Monsieur l'urbaniste
- Bonjour, en quoi puis-je vous être utile ?
- Je viens déposer une demande d'autorisation de travaux contre récépissé.
- Je récepisse. Vous voulez parler à l'architecte conseil ?
- Oh oui, avec plaisir.
- Bonjour Monsieur l'architecte conseil,votre collègue vient de récépisser et me conseille de vous demander des conseils.
- C'est mon métier."

L'architecte parcours le dossier, pose des questions, demande des précisions et s'enthousiasme:

"Monsieur le projeteur de travaux, j'adhère. Je vous félicite d'avoir su garder l'âme de cette maison d'ouvriers typique des années 60 en recréant les moulures aux fenêtres et en conservant les persiennes. Tant de gens auraient posé de vilains volets roulants à votre place. Bravo !
- En fait, j'ai bien été conseillé.
- Bon choix ! Où officie cet éminent collègue ?
- Elle travaille à l'INSEE.
- Il y a des talent dans l'administration française. Je suis fier de ce constat.
- Je transmettrai.
- Au revoir.
- Au revoir."

Cool, Photo du récépissé:


Maintenant c'est sûr, c'est un projet qui va cartonner. En fait, je crois qu'il cartonne déjà :